Moi, c’est le cinéma. (6)
Alors que la France est morose, que l’avenir politique semble devenir de plus en plus brun, je comprends très bien que pour vous, les lundis soient de plus en plus douloureux. Pour vous donner l’énergie de continuer, d’aller plus loin, plus vite et plus haut, je vous ai donc concocté un pur moment de joie cinématographique.
1959, année fraîche mais sans plus. Charlot De Gaulle entame une liaison tumultueuse avec Edith Piaf. Il cachera longtemps au monde entier, Mazarine, fruit de cette union torride et sauvage. C’est aussi cette année là que l’école est rendue obligatoire jusqu’à 16 ans malgré des manifestations monstres dans les campagnes bretonnes pour lutter contre cette loi stupide et sans avenir selon les Finistériens. Plus loin de nous, à Cuba, c’est le début de l’ère Castro qui, selon mes informations, devrait casser sa pipe d’ici quatre à six mois maximum. Le chanteur américain Eisenhower débute une tournée dans les pays du tiers-monde. “Un spectacle minable, affligeant, aucune énergie, j’ai rarement vu un bide pareil.” Philippe Manœuvre, Rock&Folk, octobre 1959.
Bref, si vous ajoutez à cela la victoire de Bahamontès dans le tour de France, vous avez bien compris que 1959 est une belle année de merde, une de plus ! C’est donc, encore une fois, un long métrage qui va redonner le sourire au peuple. Quand le septième art rime avec espoir comme aime le rappeler régulièrement Riton Matoupanard.
De l’audace, il en aura fallu à Henri Verneuil pour oser réaliser un film relatant la toute récente seconde guerre mondiale. Dans un pays pas encore cicatrisé, il fait preuve d’une originalité qui frise même la provocation.
Charles Bailly est prisonnier de guerre en Allemagne, il travaille dans une ferme et décide, un beau jour, de s’évader. Henri Verneuil dira, à propos de ce jour, cette chose hilarante. “J’ai choisi un beau jour parce que, tant qu’à s’évader, autant le faire en plein soleil.” Quel génie !
Un seul acteur pouvait jouer ce rôle énergique, plein d’entrain. Un homme capable de faire rire et pleurer dans la même scène. Comme vous le savez sans doute, c’est le premier “grand” rôle de Guy Marchand. Un nouveau coup de génie de Maître Verneuil, avoir déniché la perle rare.
Errant de ville en ville, le prisonnier est accompagné de sa fidèle Marguerite, la vache aux grands pis. Cette fameuse scène où Bailly Marchand offre de l’herbe à l’animal qui la broute en le regardant tendrement est l’une des dix scènes qualifiées de mythiques par l’UNESCO. Il faut dire que Fernandel, dans le rôle de la vache Marguerite livre une performance quasi unique dans l’histoire du cinéma. “Ma mère ne m’a pas reconnu” confiera-t-il lors de la cérémonie d’ouverture du festival international du film de guerre de Pékin.
Notons également dans ce chef-d’œuvre la toute première apparition de Christian Clavier dans le rôle d’un petit flic collabo devant lequel Bailly Marchand fuit sur les quais de la gare de Lunéville.
Vous comprenez sans doute maintenant pourquoi ce film a reçu des centaines de prix à travers le monde, devenant même une référence ultime pour les Scorsese, Tarantino, Haneke et autres Dany Boon.
Depuis que je me dévoue humblement pour vous faire aimer le cinéma, j’ai reçu des milliers de lettres d’insultes. En effet, beaucoup d’entre vous me reprochent ma méchanceté voire ma cruauté envers Romy Schneider. Alors, une fois n’est pas coutume, je tiens à signaler que dans “La vache et le prisonnier”, elle est parfaite. Ce petit rôle de veuve allemande paraplégique, muette et aveugle est taillé sur mesure pour celle qu’Henri Verneuil surnommait affectueusement la boche.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. J’espère avoir éveillé en vous la curiosité de voir ou, soyons fous, de revoir ce monument. Je vous souhaite du courage car il va vous en falloir beaucoup.
Amis de la toile, je vous bise.
A bientôt.
L.B
[illustration olga lupi]
Le rock, c’est top !
Il y a précisément deux jours, en fin d’après-midi, je rentrais tranquillement de mon cours de curling en milieu marin quand un ami fait sonner mon téléphone sans fil, pour tout dire, un portable. Enfin, un ami, c’est pour vous la faire courte, je devrais plutôt dire une personne qui s’ennuie ferme et qui n’a rien trouvé de mieux que de m’emmerder juste après mes exploits sportifs quasi-quotidiens. Il me demande si je suis intéressé pour l’accompagner à une conférence ayant pour thème la musique et s’intitulant “Le rock, c’est top !”. Comme je suis un peu con mais terriblement lucide, je refuse sèchement. Je peux très bien me dispenser d’entendre débiter des conneries et à vrai dire, je m’en fous un peu de savoir combien de bites a sucé Mick Jagger pour avoir de si grandes mains. Et bien, je peux vous le dire maintenant. Ça a failli me coûter la vie !
En effet, à peine avais-je raccroché au nez de mon ami le gros con qu’un couple se plante devant moi. Ne cherchant pas le conflit malgré une condition physique hors du commun, j’entreprends de les éviter. Pas eux… Ils ressemblent vaguement aux frères Bogdanoff, surtout la fille. Je remarque très vite à son regard qu’elle est du genre à prendre un centre de rétention pour un club de fitness. Lui n’est pas plus lumineux. J’en veux pour preuve ce petit air désinvolte qu’il a eu lorsque j’ai eu le toupet de lui demander le paquet de cigarettes qu’il venait de me taxer. Les choses se sont un peu corsées à ce moment là.
Croyant à une blague, je saute au cou de la fille pour lui enlever son masque, lui rendre la lumière ! Pas de chance pour moi, ce n’était pas un masque. La connasse s’énerve et dans un geste incroyable, me bouffe le nez. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà fait mordre le pif mais ça fait horriblement mal ! Pendant ce temps-là, le gaillard me présente un couteau froid sur mon cou. Il faut bien se rendre à l’évidence, je me suis planté. Ce n’est donc pas une plaisanterie, je choisis courageusement de fermer ma gueule.
J’ai pour ordre de les suivre, je me retrouve donc sur le trottoir, entre les deux psychopathes, marchant au pas parmi le convoi de travailleurs rentrant chez eux. Arrivant à proximité d’un très joli distributeur de billets, je ralentis le pas mais à ma grande surprise, Tic et Tac me font comprendre qu’ils s’en branlent royalement. Pendant quelques secondes, je suis rassuré mais très vite, je me pose des questions car je vous le dis pour la seconde et dernière fois, je suis lucide !
Je ne refuse pas forcément d’être otage mais j’aimerais bien savoir pourquoi ! Très vite, j’écarte l’idée que je puisse servir de monnaie d’échange avec je ne sais quel extraterrestre aviné. Et après une réflexion rapide et efficace, il me semble évident que ces deux cons sont de la police. Quelque chose de sûrement important politiquement à dû se passer dans notre pays et comme je suis assez distrait en ce moment, je n’ai pas dû m’en apercevoir. A tous les coups, dorénavant, au-dessus de dix amendes pour défaut de parcmètre, on envoie à tes basques, deux bons flicards ! Bordel de merde, ça s’est considérablement durci. J’allais sans doute très vite atterrir dans le fond d’une bagnole, direction la campagne et au détour d’un chemin de terre, la torture. Les deux genoux brisés, je regarde la voiture se barrer. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de marcher avec les genoux brisés mais ça fait horriblement mal !
Je tente de retrouver mes esprits, je suis en sueur, tout est flou autour de moi. N’écoutant surtout pas mon courage, je tente dans un geste désespéré, l’évasion par la feinte. Gauche, droite, droite, gauche, une ouverture, je fonce !
Au bout de deux mètres d’une poursuite acharnée, je tombe. Dans ma fuite, je n’ai pas vu un abri bus qui traînait là. Le couple d’imbéciles me relève, j’ai la gueule en miettes, l’œil gauche complètement explosé. Je sens le goût du sang qui coule dans ma bouche. Cela ne se marie pas si mal avec les petits bouts de dents qui traînent au fond de ma gorge. La fin est toute proche, je vais mourir.
“T’es vraiment trop con, on est arrivé.” Je ne suis pas un prix Nobel mais se faire traiter de con par un blaireau, ça ne fait jamais plaisir. Nous entrons tous les trois dans un bâtiment austère d’architecture moscovite des années 70. Nous grimpons les escaliers d’une manière certes, lente mais assez esthétique. Arrivés au septième étage, mon côté sportif a fait la différence ! Je suis nettement moins essoufflé que les deux barbouzes. La sœur Bogdanoff ouvre une porte pendant que le cerveau me pousse brutalement à l’intérieur.
Dans la pénombre, je devine une salle pleine face à moi. Sur scène, dans la lumière, un petit homme énervé est comme coupé dans son élan. Il me fixe et me montre du doigt une place que je devine libre, tout à droite au premier rang. J’arrive péniblement à atteindre le fauteuil qui s’avère être très confortable. Je suis complètement sonné. On frôle le K.O et je n’ai pas d’éponge. Le petit bonhomme parle vite et fort. Des mots arrivent jusqu’à mon cerveau abîmé. Révolution, liberté, Lemmy Kilmister, pop synthétique, paradis, 19 euro à la Fnac…
J’ouvre brusquement les yeux, je devine le visage souriant de mon ami le gros con.
Nom de Dieu !
L.B
Dans le doute, j’agis !
Il y a quelques semaines, alors que je me rendais chez mon charlatan pour une séance de relaxation par les armes, une fumée au loin me titille soudainement les globes oculaires. J’accélère mais pas trop et j’aperçois, sur ma droite, un amas de meubles en train de brûler dans un champ. Autour, une petite bande d’énergumènes semble glandouiller, tranquillement. “Ah les blaireaux” me dis-je rapidement tout en freinant brutalement pour me garer. Je sors l’extincteur qui ne quitte jamais mon bolide et me précipite vers eux. Notez au passage, que j’ai également dans ma voiture, six éthylotests, deux défibrillateurs, des poches de sang, un brancard, une carabine et un bidon de détergent, je ne rigole pas avec la sécurité ! Une fois arrivé devant l’incendie, j’arrose copieusement le feu qui menace sérieusement une ferme en ruine situé à moins de 200 mètres de là. J’ai à peine le temps de vider un quart de mon engin rouge qu’un grand mec m’ordonne d’arrêter et me le subtilise astucieusement mais avec fermeté.
Il tente de m’expliquer en me tendant une canette de Koenigsberg qu’ils ne font rien de mal. Ils se réchauffent autour d’un feu en discutant paisiblement et en chantant au rythme de la guitare. Il s’appelle Paulo, il a une tête qui ferait fuir un renard au milieu d’un poulailler bondé. Il me demande de me détendre et veut me jouer un petit morceau. Je suis à deux doigts de lui supplier de ne pas faire ça mais je suis poli, je fais donc semblant de ne pas avoir entendu. Hélas, il se met à chanter en grattant son bout de bois désaccordé. Musicalement, c’est minimal. Les paroles aussi. “Y’a d’la misère sur ma planète, ça m’inquiète, ça m’inquiète. Y’a d’la tristesse sur ma terre, ça m’atterre, ça m’atterre”. En tout cas, ça plaît à la fille à côté de moi.

Elle a les yeux fermés et dodeline doucement de la tête. Sur ses épaules, trottine un rat qui chie à intervalles réguliers dans son cou. Je lui signale au cas où elle ne se soit pas rendue compte de la chose qui gambade sur sa nuque. “C’est Sid” me lance t-elle effrontément avant de déblatérer tout un tas de conneries sur cet animal qui pue la mort. Elle n’a pourtant peut-être pas entièrement tort. Tant qu’à avoir son animal domestique sur les épaules, autant que ce soit un rat plutôt qu’un doberman.
Je refuse poliment mais fermement une bouteille en plastique que me tend le frère jumeau de Shane MacGowan. On m’explique qu’il s’appelle Peutry. Un surnom que ses amis lui ont donné car, parait-il, il est resté bloqué après avoir bouffé des tripes si j’ai tout bien saisi.
Là, il ne faut pas me prendre pour un con. Qui sont ces gens qui racontent n’importe quoi ? Manger des tripes ferait perdre la boule et les dents ? De qui se moque-t-on ? Encore un putain de groupuscule obscur et extrême anti-bidoche, c’est sûr ! Si j’avais le courage, je leur enfoncerai des merguez premier prix dans le gosier jusqu’à ce que mort s’en suive. J’ai un peu peur, je suis au beau milieu d’une dangereuse secte d’illuminés, la seule chose qui m’importe, c’est fuir ! Doucement, je me lève, je bafouille que je suis pressé et je me casse en reculant de peur que ces maniaques me balancent un sort ou un truc qui blesse mon dos déjà fragile.

Arrivé au volant de mon dragster, je respire et je réfléchis. Je ne peux pas ne pas agir. N’écoutant que mon courage, j’avale deux tranches de jambon et j’ouvre le coffre. Je prend mon bidon de détergent et la carabine.
Je me rapproche discrètement du trio et je tire un coup de feu en l’air. Ils se retournent, surpris de me voir là. Je lance vers eux le bidon tout en les menaçant de ma carabine en bois brut. Je leur ordonne de s’asperger avec le contenu pour les purifier, j’ai vu ça dans un film d’horreur avec Bourvil un jour. Pas un ne bouge ! Aucune réaction ! Nom de Dieu !
Paulo est ma première victime, une balle en pleine tête. Il s’écroule aussitôt en criant “j’arrive Brassens !” Le rat a sauté des épaules de la psychopathe. De peur qu’il se jette sur moi, je le flingue. Sept balles suffisent et je le finis à coups de crosse. Ça a le don d’agacer un peu sa maîtresse, elle se met à hurler et me saute dessus. J’ai heureusement le bon réflexe. Je la repousse violemment, elle tombe dans le feu. Ses yeux me regardent pendant qu’elle meure doucement mais sûrement. “Encore des cauchemars en perspective” me dis-je avant de vouloir mettre fin aux souffrances de Peutry. Mais ce con s’en est chargé lui-même. Il a avalé entièrement le bidon de cinq litres de détergent.
Sur le chemin qui me mène à ma séance de relaxation hebdomadaire, je me demande si ces couillons n’avaient pas raison. A votre place, j’arrêterai dès aujourd’hui de bouffer des tripes, ça peut être dangereux.
L.B

MLDM.
Voilà, après une nuit sans dormir, c’est avec une certaine satisfaction que je peux officiellement (ou pas loin) vous annoncer une bien bonne nouvelle. Les élections, le chômage, la merdouille quotidienne, et bien tout ça, c’est quasiment terminé. Je crois que j’ai trouvé la solution. Mais attention ! Je vous vois venir, criant de joie en allant remplir des chariots d’alcools forts pour fêter ça dignement, laissez-moi vous dire qu’il va falloir raison garder pour le moment. Ce que je vais vous confier va sans doute nécessiter l’organisation d’un crime. Cela impose donc de rester discret. Étant donné le peu de lecteurs qui se perdent par ici, je suis sûr qu’ensemble, nous y arriverons !
Il est évident qu’un espion travaillant pour je ne sais quel pays un peu malin est en train de mettre un sacré bordel par chez nous. Alors quel pays ? Je n’en sais fichtrement rien et ce n’est pas le problème le plus urgent. Personnellement, j’ai parié sur l’Uruguay mais plus pour la beauté des paysages…
Comment ai-je trouvé le nom du responsable, du manipulateur dirigeant nos dirigeants vers un chaos certain ? Je vais vous faire grâce de tous les calculs et autres équations complexes, ce n’est pas très intéressant et vous n’y comprendriez rien du tout, il faut quand même être qualifié pour ça. Sachez juste qu’il s’agit d’un calcul savant.
Bref, il m’a fallu trouver celui qui tire les ficelles du pantin. Capable d’exciter Guéant et Buisson en leur imitant l’africain tout en séduisant Carla dans un numéro de crooner bon marché. L’agent secret éblouissant notre président en lui causant philosophie, le tout en faisant preuve d’un catholicisme appliqué. Vous en connaissez beaucoup, vous ?
Que les choses soient donc claires entre nous. J’ai fait la moitié du travail alors faites comme vous voulez, j’en ai rien à foutre mais démerdez-vous. Je ne veux pas de problème avec la maréchaussée. Pour les plus courageux d’entre vous mais qui ne sont pas certains de ce que j’avance, je précise que cet homme est né à Cologne. Alors le rapprochement sarkozien avec l’Allemagne, un hasard ? Non, je ne crois pas !
C’est écrit, Michel Leeb doit mourir.
L.B
Moi c’est le cinéma (5).
Chers camarades de la toile, quel bonheur de vous savoir tous les jours un peu plus vivants que la veille.
Le dimanche est le jour idéal pour contempler, à moitié comateux de vos excès d’hier et vautré dans votre canapé dégueulasse, un bon film. Je suis donc particulièrement heureux de vous guider dans cette lourde tâche qu’est la sélection d’un chef-d’œuvre. Un peu comme l’ami ricoré ou l’efferalgan effervescent, je m’occupe de tout. Laissez-vous porter, détendez-vous mais ne fermez pas les yeux, ne soyez pas plus cons que vous ne l’êtes, ça ne sert à rien. Vous n’avez rien à craindre. Point de comédie dramatique chiante d’un réalisateur pète-couilles essayant de faire passer un message politique pour des bobos tirant la langue et s’agenouillant devant n’importe quelle merde, du moment que celle-ci soit filmée de façon originale. Comprenez caméra au poing, caméra sur la tête, sur la commode, sur ma grand-mère voire sur la commode de ma grand-mère ! Non, pas ce genre de saloperie, je vous rappelle que nous sommes dimanche, jour de la légèreté et du seigneurpardonnezleurilsnesaventpascequ’ilsfont !
Souvenez-vous, 1982, une année pleine de vices. Dans notre pays, la majorité sexuelle passe à 15 ans sous la pression de Jean-Luc Lahaye, Henri Krazucki s’envole dans l’espace et Jean-Jacques Goldman essaie de faire croire que sa musique est bonne. Ce dernier ne sera jamais condamné pour ça, une véritable honte au pays des droits de l’homme. Plus loin de nous, Yasser Arafat rend visite à Jean-Paul II et l’explose lors d’une partie d’échecs mémorable qui durera plus de quarante cinq heures et sept minutes ! Léonid Brejnev, spectateur attentif comme à chaque déplacement de Yasser, y laissera sa peau. Un coup dur pour le communisme, un de plus !
Mais, 1982, c’est surtout un film ! Une œuvre majeure de l’histoire du cinéma. Une rue tranquille dans un quartier paisible. Nous sommes à Los Angeles aux États-Unis d’Amérique. Soudainement, le réalisateur Spielberg nous emmène au cœur d’une traque. Une véritable chasse à l’homme dans laquelle, si vous êtes observateur, on aperçoit Robert Hossein, grimé en militaire, pourchassant ce qu’il croit être un bandit un peu dangereux. Car c’est là le génie du Steven, qui ne réalisera par la suite que des daubes infâmes, avoir attendu le dernier moment de cette poursuite pour dévoiler qu’il s’agissait en fait d’un extraterrestre ! Oui, un extraterrestre ! Il fallait y penser. Frissons garantis quand on voit la bête pour la première fois. Impossible de reconnaître Brigitte Bardot au premier coup d’œil. Ce n’est que lorsqu’elle se met à parler, recueillie par le petit Elliot que nous en avons la certitude. BB est E.T et inversement !
Un film révolutionnaire et familial avec des effets à couper le souffle d’un asthmatique. Quand Brigitte et Elliot, le premier rôle de Lambert Wilson, s’envolent, on se met à rêver d’Icare et si la drogue est suffisamment puissante, on peut même prétendre à la lévitation durant quelques trop courtes secondes. E.T frôle l’excellence, outre le petit Elliot, Gertie et Michael, sa sœur et son frère respectivement joués par Arnold et Willy sont d’une justesse rare dans le milieu du septième art. Quand on sait que la plupart des scènes sont improvisées, ça laisse songeur et doit donner bien des maux de têtes au gros Depardieu, depuis longtemps incapable d’improviser autre chose que l’obèse transpirant et rotant en riant. Ce qu’il fait très bien mais ce n’est pas le sujet. Même pour le rôle du chien, Spielberg n’aurait pas voulu de notre Gégé national. Tant mieux pour Alain Delon, qui relancera sa carrière avec ce personnage apeuré et aboyant comme un con sur une Bardot criante de vérité dans son rôle de déchet du futur..
Un petit bémol cependant pour ne pas dire plus. La prestation honteuse de Romy Schneider dans le rôle de la maman Mary. Ce qui fera dire à Bardot dans un entretien à Minute : “Quand je la regarde, j’ai mal à l’Allemagne”.
Sur ces mots, je vous souhaite de passer un agréable moment avec ces acteurs presque tous fabuleux dans ce monument du cinéma. Et n’oubliez pas, comme aime à le rappeler régulièrement Johnny Hallyday, le cinéma, c’est pas vraiment pour de vrai.
A très vite !
L.B